Mon expérience
Je regarde mon poignet gauche, parsemé de multiples cicatrices. Des toutes petites, blanches, les plus anciennnes, des plus grosses, un peu boursoufflées et rougeâtres, plus récentes.
Je me revois le cutter dans la main droite en train de cisailler ma propre chair. Regarder le sang couler, souffrir physiquement, c’est permettre à l’âme d’oublier, l’espace de quelques minutes, qu’elle n’en peut plus.
Qui a le plus mal ? Le corps ou l’esprit ? La chair à vif ou l’âme blessée ? Je ne sais pas. La scarification est un appel au secours, pas une tentative de suicide. L’appel de la douleur trop forte qui nous habite. Est-ce du sang ou de la douleur qui coule de mon poignet ?

Si je pouvais, je cisaillerais mon âme pour qu’en sorte le mal être profond qui l’habite. Mais on ne cisaille pas son âme, on vit avec. Et quand la plaie de la scarification se referme, la douleur est toujours là.
Pourquoi la majorité des victimes d’agressions sexuelles se scarifient ?
La science a quelques réponses à apporter sur ce sujet. Je vous laisse vous informer si le sujet vous intéresse.
De mon côté, lors de mes diverses expériences avec des personnes agressées sexuellement, j’ai remarqué que ce phénomène était extrêmement courant. L’envie de maltraiter son corps qui parfois est synonyme de honte. L’envie de souffrir à l’extérieur pour ne plus souffrir à l’intérieur. Cette sensation grisante de faire saigner et donc de purifier ce corps abusé.
Et vous, pourquoi avez-vous déjà scarifié vos poignets ?
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