Doit-on cacher ou révéler l’inceste ? A nos amis, à nos proches, notre famille ? C’est une question épineuse qui amène une symphonie de réponses, ou même d’autres questions encore plus profondes.
Combien de temps ai-je caché ce secret si lourd à porter ? Combien de temps m’a-t-il fallu pour le révéler ? D’abord à moi-même, après le déni, la peur, la honte, la culpabilité saupoudrés d’une bonne dose de souffrance. Puis aux autres, aux miens, à mes amis, à ceux qui pouvaient le comprendre.
Trente d’omerta pour une minute de vérité. Révéler est-il le point de départ ou la ligne d’arrivée ? Le point de départ d’une nouvelle vie sans ce poids sur les épaules, sans ce silence assourdissant qui nous plie parfois de douleur et nous laisse sans force, sans mots, sans même une larme pour pleurer. La ligne d’arrivée qui n’est en fait que le commencement d’une vie plus dure et sauvage.

Celle où l’on porte le poids du malheur, de la culpabilité et où les mot viols, inceste, mensonges, trahison viennent vous assaillir à tout moment même quand le bonheur semble à portée de main.
Faut-il révéler qui l’on est vraiment ? Faut-il dire que mon sourire n’est qu’une façade ? Qu’au fond de moi je suis en mille morceaux et que je ne sais plus comment les recoller. Faut-il cacher que l’on a mal et que cette souffrance est notre fardeau pour l’éternité ?
La révélation est-elle un soulagement où le début d’une vie où l’on regarde les choses en face pour peut-être un jour les laisser derrière soi comme un mauvais souvenir.
J’ai révélé la partie visible de l’iceberg mais qui saura vraiment ce qui se cache sous cette eau glaciale ? Personne ne le saura car cela m’appartient et tous les mots de la Terre ne pourraient expliquer mon véritable mal être et l’histoire d’une vie volée. J’imagine que petit à petit les aspérités de cet iceberg se révèlent à moi.
Aurais-je le courage de plonger pour découvrir ce qui reste caché ? Je crois que oui mais la prochaine plongée devra attendre encore un peu… un jour peut-être.
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